Témoignage depuis Damas – From Damascus
Original version of the letter in english
First of all, it’s not my real identity, because I am Syrian. And Syrian people nowadays are not able to write or speak freely with their real own identity for the medias, so call me Basel.
I am a young syrian guy, I’m 26 years old and as any syrian who has always wanted to live freely without any fear from dictator, when the changes in the Arabic world started, I began to protest with my friends in front of many embassies in Damascus (Tunis ,Egypt, Libya). It was to support our brave brothers in the other arab countries, with some jealousy feeling they were about to get their freedom soon. At the same time I was imagining this day in Syria. Then when my people decided to leave their silence, I had them to release ourselves and get our freedom. I have joined the first protest in Damascus on the 15th of march 2011 and continued every day after. But the result is that a lot of people from my family and friends have been arrested by security forces with horrible treatment. They didn’t make any difference between men or women, old or young, they were hitting us with wood and steel cudgel and electricity stick until falling down. In the beginning I was thankfull to them because they didn’t kill us, but nowadays I see a lot of people are shooting every day and most of the cities in Syria are surrounded by military and security forces, with a big silence from the rest of the world. Recently the foreign countries did some very late commercial punishment on this bloody regime and its president ( Basher Alassad), but actually as syrian people we didn’t expect more from the western governments who talk a lot about humanity, democracy and freedom but in the real facts they are just interested in their commercial and politic benefits in the Middle-East. We know that we are on the right side and for sure we will win in the end. And I hope all the people in the west stand up with us by joining the syrian protesters abroad and will push on their governments to help our people and make this president lose the international legitimacy.
I hope I will survive to finally feel and experience freedom and the power to the people.
Basel.
(letter sent on June 10th 2011)
Traduction en français
Premièrement, je tiens à préciser que cela n’est pas ma vraie identité, parce que je suis syrien et que les syriens en ce moment ne peuvent pas écrire ou parler librement en révélant qu’il ils sont. Mon nom d’emprunt sera donc Basel.
Je suis un jeune homme syrien, âgé de 26 ans, et comme tout syrien qui a toujours voulu vivre librement et sans peur d’un dictateur, quand les choses ont commencé à changer dans les autres pays arabes, je suis allé manifester devant plusieurs ambassades à Damas (celles de Tunisie, d’Egypte, de Libye). C’était pour soutenir nos frères courageux de ces autres pays arabes, avec de la jalousie en pensant au fait qu’ils allaient enfin obtenir leurs libertés. Je m’imaginais la même chose pour la Syrie. Puis enfin le peuple syrien a décidé de rompre le silence, et je les ai rejoint pour enfin accéder à notre liberté. J’ai participé à la première manifestation à Damas le 15 mars 2011, et j’ai continué chaque jour qui a suivi. Beaucoup de gens de ma famille et de mes amis ont été arrêtés par les forces de sécurités et traités horriblement mal. Ils ne font pas de différence entre les hommes et les femmes, les jeunes et les plus vieux, ils nous frappaient avec des gourdins de bois, des barres de fer et des bâtons électrifiés jusqu’à ce que nous tombions par terre. Au début je les remerciais de ne pas nous avoir tués, mais désormais je vois des fusillades tous les jours. La plupart des villes syriennes sont envahies par l’armée et les forces de sécurité, et cela sans un mot de la part du reste du monde. Récemment certains pays étrangers ont puni commercialement le régime sanglant syrien et son président Bashar Al Assad, mais trop tardivement. En tant que syriens nous ne nous attendions de toute façon pas à plus de la part des gouvernements occidentaux qui parlent beaucoup d’humanité, de démocratie et de liberté, mais qui dans les faits ne sont uniquement intéressés que par leurs intérêts commerciaux et politiques au Moyen-Orient. Nous savons que nous sommes sur le droit chemin et que nous gagnerons à la fin. J’espère que tous les gens en Occident se joindront aux manifestants syriens vivants à l’étranger et qu’ils feront pression sur leurs gouvernements pour aider mon peuple et faire en sorte que ce président perde toute légitimité à l’international.
J’espère que je survivrai pour enfin savoir ce qu’est la liberté et le pouvoir au peuple.
Basel
(lettre reçue le 10 juin 2011)